09 juillet 2008
Allons ! Allons ! (2)

Des scarabées insensés et insanes brûlent des patriotes le long de la voie lactée pour éclairer la fuite du Président dans un concert de douleur et de souffrance aigues. A l’ombre des peupliers au garde à vous, sous la lune pleine, fière et froide, des hordes de salamandres attaquent les musaraignes à coup d’hosties bouillantes et d’acide béni. Estomaquées par la surprise, les musaraignes se replient au-delà des fossés et se regroupent derrière la borne du km 128. Il n’existe malheureusement pas de réseau d’informations assez rapide, surtout assez objectif, pour faire remonter la nouvelle jusqu’au congrès. Le Président sera déjà en sûreté dans les entrailles des montagnes, protégé dans un réseau de bunker avec une armée et des provisions pour mille ans, quand les Enfants de la Patrie apprendront les faits. Il ne leur servira alors à rien de décréter le vote nul et l’état de grâce, mais ils le feront quand même, à cours d’idées et à bout de force. Hegel et Bakounine, perchés sur une branche de la connaissance, pleureront ensemble dans les plumes du hasard, tandis que Deleuze et Gibson, l’un derrière un verre de rouge, l’autre devant un écran plat, se taperont dans le dos en relançant les dés : « Alea jacta est ! »
(à suivre)
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